Le Compte est bon

Édouard était partout. Startups. Plateaux TV. Prix d’excellence. Il avait 38 ans, un penthouse à Miami et deux Rolex. Sa vie était millimétrée comme ses présentations.
Ses anciens amis disaient : — « On ne le reconnaît plus. » Lui répondait : — « Ils sont jaloux. »
Il rentrait tard. Dormait peu. Mangeait mal. Mais il brillait.
Un jour, lors d’une conférence à Dubaï, il aperçoit une femme dans le public. C’est Juliette. Son amour de jeunesse. Elle le regarde, mais ses yeux ne brillent pas.
Ils prennent un café.
— « Tu as réussi. Vraiment. »
Silence.
— « Mais t’as l’air… vide. »
Il sourit poliment. Il repart. Il gagne encore. Il signe une levée à 100 millions.
Et dans sa suite luxueuse, il boit seul.
On dit qu’il a investi dans une app de méditation. Mais il ne médite jamais.
