L’Écho

Son prénom était Étienne, directeur d’une grande ONG, respecté car brillant stratège. Il avait mené des campagnes, négocié des accords, levé des millions pour de nobles causes. Waouh le mec !
Mais il portait un poids invisible et bien caché sous le tapis. Car il avait pris une décision « pragmatique » dans une région oubliée qui laissa des familles de côté. On ne peut pas sauver tout le monde…
Et il avait avancé allant d’écrans en avions, en interviews.
Certains soirs, quand il restait seul, il revoyait le visage d’un enfant qui ne demandait rien mais de vivre et … qui voyait tout.
Il essayait d’oublier.C’était sans compter l’Accusateur qui ne criait pas dans sa tête mais chuchotait en permanence « Tu savais, tu as choisi, tu as avancé. Au fait, tu l’as sacrifié au nom du bien commun ou de ta gloire personnelle ? ». Étienne donnait encore plus, travaillait plus, parlait plus fort mais le silence intérieur grandissait.
Un jour il tomba malade dans un village reculé, et dut rester allongé sans rien faire ni à prouver. Une vieille femme veillait sur lui et lui dit « Ce n’est pas ton erreur qui te ronge, c’est ta fuite ». Il ne répondit pas et tomba en sanglots. Il pleura pour la première fois de sa vie. C’était beau.
La nuit suivante, l’Accusateur revint et ne dit rien. Il s’assit à côté de lui en silence. Longtemps ils restèrent là. Longtemps. Et quand Étienne se releva, rien n’avait changé mais tout était différent.
