Avant la chute, il brillait plus que tous les autres.

Figure : Lucifer
Lucifer c’est Prométhée remixé par le monothéisme. Prométhée le civilisateur devient mal absolu en apportant la lumière à l’humanité mais surtout car d’après l’institution des hommes, le dieu unique ne peut tolérer qu'une seule source de légitimité divine. Cette source, sur la Terre matérielle devant être relayée et simplifiée pour le vulgaire, les enfants que nous sommes, l’institution des hommes fut créée, s’empara de l’autorité divine qui est spirituelle et surtout matérielle... Comme un rebel remet en question le pouvoir unique, Lucifer est devenu un symbole du mal. Et par voie de conséquence, tous ceux qui dévoilent ce qui est caché deviennent l’incarnation du mal. On peut donc légitimement se poser la question de l’origine de l’orgueil. Lucifer ou les hommes qui se disent de Dieu ? Et encore une fois Lucifer apportant sa lumière booste son niveau d’orgueil pour ces derniers car il dévoile leur propre orgueil caché sous des parures, des protocoles, des immeubles et les ors des institutions. Lucifer dans sa chute montre que le seul Dieu est là haut et que nul homme ne peut se prétendre son égal, que nulle institution ne parviendra jamais à le comprendre ni le représenter. Que ce soit dans la sphère spirituelle ou matérielle. Et finalement il montre enfin que Dieu ne peut être qu’à l’intérieur de chacun de nous.
Lucifer, en latin, signifie “porteur de lumière”. Dans la tradition antique, c’est l’étoile du matin, Éosphoros chez les Grecs, l’éclat qui précède l’aube, le plus beau des anges selon certains récits. Il n’était pas le mal, mais la lumière absolue, les rayons qui apportent l’énergie du soleil sur la Terre. Lucifer, dit-on, ne supportant plus la servilité, se dressa contre l’ordre céleste. Non par haine, mais par volonté d’autonomie. Il préféra tomber que plier. Et dans sa chute, devint symbole de désobéissance, d’orgueil et de séparation.
Poussons la réflexion. Si Dieu est partout, il est aussi en Lucifer et donc Lucifer doit être libre d’apporter la lumière puisqu’elle vient de Dieu. Et bien au contraire, apporter la lumière devient un devoir, une mission divine, intemporelle et incontournable. La lumière permet de sortir des ténèbres et de trouver le chemin vers Dieu. N’est-il pas ?
Et pourtant les hommes de Dieu en firent l’ennemi de Dieu, Satan. Cependant, dès que l’on cherche un peu, dès que l’on met le nez dedans, on s’aperçoit que ce n’est pas si simple. D’autres traditions (notamment ésotériques et gnostiques) le voient comme le feu de la conscience, celui qui éveille l’homme à lui-même, quitte à le faire souffrir. Et pour souffrir, ceux qui osent penser par eux-mêmes savent au combien haute est leur souffrance de remettre en question ce qu’on leur a dit.
Alternative
Figure : Iznogood / Isnogod
Chacun voit midi à sa porte et d’aucuns voient autrement. Ce ne serait pas Dieu mais son opposé, Baal, Iznogoud (is no god), celui qui veut être Dieu à la place de Dieu et s’infiltre dans les institutions divines, qui aurait banni Lucifer.
Le Diable se cache dans les détails, et son plus grand pouvoir est de faire croire qu’il n’existe pas, n’oublions jamais cela.
Dans la Torah, le terme YHWH (Yahvé) revient 1419 fois, soit en gématrie 1+4+1+9 = 15 = 1+ 5 = 6. Tandis que le mot Elohim revient 2500 fois pour désigner également le Dieu du judaïsme, soit en gématrie 2+5+0+0 = 7. 6 étant connu pour être le chiffre de la bête et 7 celui de Dieu. Des Dieux en l'occurrence dans cette interprétation. ‘’El’’ en hébreu ancien signifiant dieu, et ‘’him’’ marquant le pluriel. On parle donc des dieux. 7 dieux au début de la création. 1 + 6. L’un se serait séparé des autres, ou aurait été banni par les 6 autres, pour descendre sur Terre. il ne pouvait prendre le pouvoir spirituel car celui-ci est l’exclusivité de Dieu. alors il prit le pouvoir matériel. Devenant ainsi le maître de tout sur Terre et de ses habitants.
Et Lucifer dans cette alternative ?
Lucifer aurait donné la lumière aux hommes, soit la vérité. Il aurait voulu révélé que Yahvé n’est pas le Dieu créateur, omniscient, ubiquitaire, plein d’amour qui a tout créé et nous regarde comme des enfants innocents cherchant seulement à grandir et comprendre. Yahvé, d’après cette interprétation, serait le Diable, celui qui se cache, qui divise, prend la place des autres en toute discrétion. Celui qui pervertit tout, absolument tout, même la pureté, même le sacré. Pour ce faire, il écrirait des récits embrouillant les esprits des hommes pour mieux les manipuler.
Mais alors qui serait Dieu et comment pourrait-on l’appeler ?
Dieu a-t-il besoin d’un nom ?
La réponse à ces questions comme à toutes les autres est simple :
Dieu est tout.
Si il est tout, il est vous, moi, eux, le bien, le mal, l’ordre, le chaos, la vie, la mort, l’univers et ses banlieues.
Plus un texte est ancien, plus il a été traduit et interprété. Ce qui nous procure la joie d’étudier certaines incohérences. Et notamment sur le caractère du Dieu unique.
Pourquoi serait-il jaloux s’il est tout ? Jaloux de lui-même, jaloux de nous ses enfants ou jaloux des autres divinités ? Si il est tout et qu’il est jaloux comme il est dit dans la Torah (Nouveau Testament), alors il doit avoir un sérieux problème de schizophrénie :
- Soit Dieu n'est pas "tout" et surtout n’est pas unique, ce qui serait une thèse hérétique et incendiée par l’inquisition,
- Soit la jalousie divine est une anthropomorphisation inadéquate visant à contrôler et donc est Baalistique et pas divine. (Nous appellerons Baalistique tout ce qui est du ressort de Baal, le mal absolu et le détournement du pouvoir, décrit dans la section B ci-après),
- Soit il faut abandonner l'idée d'un Dieu personnel au profit d'un principe cosmique impersonnel, ce qui ne nous renseigne pas beaucoup plus, nous conserve dans un flou mystique plutôt prise de tête,
- Soit accepter tout simplement que la logique humaine ne peut saisir la nature divine.
Et ce dernier point est très pratique pour quiconque veut dominer sans expliquer ni voir son pouvoir remis en question. Soit vous avez la foi, soit vous êtes hérétiques et devez être convertis ou éliminés. De la Baalistique pure…
Cette analyse rejoint les questionnements de philosophes comme Spinoza, qui résolvait ce paradoxe en identifiant Dieu à la Nature elle-même, éliminant ainsi les attributs personnels problématiques.
Pour conclure si c’est humainement possible :
Si il n’y a qu’un seul dieu, alors il est tout, un, et multiple à la fois, partout, tout le temps. Et tout ce qui se pare de ses attributs est faux, et donc l’incarnation du mal.
